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La pluie n'a découragé personne. Le samedi 10 octobre, les jeunes de Yaoundé, rejoints par d'autres venus de plusieurs régions du pays, ont répondu massivement présents au Monument de la Réunification. Près de 100 exposants les y attendaient, venus montrer ce que la jeunesse sait produire.
Entre agroalimentaire, artisanat et cosmétique, deux produits ont particulièrement retenu l'attention du promoteur, Cédric Nga. Des serviettes hygiéniques biologiques 100 % camerounaises, d'abord, et le Baocafé, un mélange original de baobab et de café. Pour ce conseiller juridique et assistant en ressources humaines de profession, ces initiatives prouvent que la jeunesse sait « innover, valoriser nos ressources locales et proposer des solutions adaptées à nos réalités ».
Un débat sur les freins des jeunes producteurs
Après les stands, place à la conférence-débat, le moment que Cédric Nga préfère. « Je ne me lasserai jamais de voir des jeunes prendre la parole librement, défendre leurs idées et participer activement aux échanges », confie-t-il.
Le Dr Boris Owona Bindzi, administrateur civil et conseiller spécial du Premier ministre, a lancé la réflexion par une leçon inaugurale, avant de rejoindre le panel. À ses côtés siégeaient Mme Aristide Tchemtchoua, présidente d'une coopérative d'agro-cacaoculteurs, le procureur Ulrich Xavier Ovono Ondoua et le Dr Abia, enseignant d'université. Dietrich Kevin Ombede et Lauraine Sangwa assuraient la modération.
Les intervenants ont appelé les jeunes au courage et à la persévérance, en insistant sur la formation et l'accompagnement. Cette soif d'entreprendre bute pourtant sur des obstacles bien réels, reconnaît le promoteur, à commencer par le financement et l'accès aux marchés. « Produire localement est une chose, parvenir à vivre durablement de sa production en est une autre », résume-t-il.
Dans la salle, les ministères de la Jeunesse et de l'Éducation civique et des PME étaient représentés, tout comme les ambassades de Centrafrique et du Gabon. Des magistrats, des universitaires et le directeur régional de Zenith Assurance avaient aussi fait le déplacement. La marraine de l'édition, Cathy Meba, a été choisie pour son engagement auprès des jeunes. Première vice-présidente du Conseil régional du Sud, elle agit en leur faveur à travers son association, la Jeunesse émergente et républicaine du Cameroun.
Six éditions en neuf mois
Cette affluence récompense une initiative encore jeune. Le Café Citoyen 237 est né en février 2026, comme un espace apolitique où les jeunes débattent sereinement. Sa règle tient en une phrase, « pas de propagande politique, mais un dialogue libre, responsable et constructif ». L'entrée y est gratuite, un choix exigeant quand le financement repose surtout sur des fonds propres, au rythme de six éditions en neuf mois.
De nouvelles portes pourraient toutefois s'ouvrir. Selon Cédric Nga, le Dr Owona a évoqué la possibilité d'inscrire le Café Citoyen 237 dans un programme économique de la Banque mondiale.
En attendant, l'équipe prépare déjà la suite. Une édition spéciale baptisée « Carrefour des métiers » se tiendra le samedi 14 novembre au Djeuga Palace, à Yaoundé, sur les carrières dans le droit, la banque, la finance et l'entrepreneuriat. Pour 2027, les organisateurs visent Douala, peut-être Limbé, et la diaspora. À ceux qui ont manqué le rendez-vous, Cédric Nga rappelle que « la citoyenneté ne se limite pas à la parole, elle se construit par la participation, l'engagement et l'action ».

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