Raffinerie de Kribi : Le projet Cstar passe à la vitesse supérieure
Le Cameroun amorce un tournant majeur dans sa politique énergétique. À travers le projet Cstar, porté par la Société nationale des hydrocarbures (SNH) et ses partenaires internationaux, le pays ambitionne de réduire sa dépendance aux importations pétrolières et de bâtir une véritable autonomie énergétique.

Moins d’un an après son lancement officiel en juillet 2025, le projet affiche des avancées significatives. Les études d’ingénierie sont réalisées à 80 %, tandis que les premières équipes techniques sont déjà opérationnelles sur le site de Mboro, à Kribi. Pour Nathalie Moukoudi, PDG de Cstar, cette dynamique traduit une volonté stratégique assumée. « SNH a décidé de prendre ses responsabilités afin de sécuriser les stocks pétroliers et garantir au Cameroun une résilience énergétique forte et durable », a-t-elle déclaré.

L’ambition dépasse la simple construction d’une raffinerie. Il s’agit de bâtir un écosystème industriel complet capable de transformer localement le pétrole brut extrait du territoire national, limitant ainsi la sortie de devises liée aux importations de carburants raffinés.

L’installation industrielle, conçue selon des standards technologiques de dernière génération, devrait atteindre progressivement une production significative, avec des essais techniques envisagés dès la fin de l’année 2026 et une exploitation commerciale prévue pour 2028.

Au cœur du dispositif figure également un terminal stratégique de stockage destiné à constituer des réserves nationales de carburant. Cette infrastructure permettra d’anticiper les crises d’approvisionnement et de stabiliser le marché intérieur face aux fluctuations internationales.

Au plan économique, les retombées attendues sont considérables. Le projet représente un investissement global proche du milliard de dollars et devrait générer plus de 2 000 emplois directs et indirects, tout en favorisant le transfert de compétences grâce à des programmes de formation spécialisée destinés aux ingénieurs et techniciens camerounais.

Selon les responsables du projet, cette initiative marque une rupture dans la gestion énergétique nationale.

« La raffinerie et le terminal de stockage constituent des infrastructures historiques destinées à révolutionner et sécuriser l’écosystème énergétique tout en consolidant la chaîne logistique intérieure », affirme Nathalie Moukoudi.

En s’appuyant sur un partenariat international associant expertise technique, financement bancaire et implication des institutions publiques, Cstar se positionne progressivement comme un pilier structurant de l’industrialisation du Cameroun.

Au-delà des enjeux énergétiques, le projet incarne une vision plus large : celle d’un pays capable de transformer localement ses ressources naturelles, de créer de la valeur ajoutée et de renforcer sa souveraineté économique.

Si le calendrier est respecté, la raffinerie de Kribi pourrait ainsi devenir, d’ici quelques années, l’un des symboles majeurs de la mutation industrielle camerounaise.

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