Accès à l'éducation aux réfugiés : Taux de scolarisation en baisse
Au Cameroun, l’accès à l’éducation des enfants réfugiés demeure fortement préoccupant. Selon les dernières données du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), le taux de scolarisation de ces enfants est tombé à 25 % pour l’année scolaire 2024-2025, contre 30 % l’année précédente.

Cette baisse expose plus de 120 000 enfants réfugiés au risque d’exclusion scolaire, compromettant durablement leur avenir et les engagements du pays en matière d’Objectifs de développement durable.

La situation est particulièrement critique dans les principales zones d’accueil que sont l’Est, l’Adamaoua et le Nord. Le déficit d’infrastructures scolaires, le manque d’enseignants et de salles de classe, ainsi que les difficultés économiques des familles pour assumer les frais de scolarité et de fournitures constituent des obstacles majeurs. À cela s’ajoutent les récentes réductions de l’aide humanitaire et du financement du développement, qui freinent les efforts engagés.

Face à ces défis, le HCR multiplie les initiatives en collaboration avec les autorités camerounaises et des partenaires internationaux, dont Education Cannot Wait. En août 2025, une convention a été signée avec le ministère de l’Éducation de base afin de faciliter l’intégration des enfants réfugiés dans le système éducatif national, notamment au niveau maternel et primaire.

Cette réalité s’inscrit dans une tendance mondiale préoccupante. D’après le Rapport 2025 du HCR sur l’éducation des réfugiés, près de 46 % des 12,4 millions d’enfants réfugiés en âge scolaire dans le monde restent hors de l’école. Au Cameroun, l’enseignement secondaire demeure particulièrement inaccessible, avec des taux de scolarisation très faibles et des inégalités persistantes entre filles et garçons.

Malgré tout, des progrès sont enregistrés. Grâce à l’appui des partenaires, plus de 56 000 enfants réfugiés ont pu accéder à l’enseignement primaire et secondaire ces dernières années. Des programmes ciblés, comme « Éduquer un enfant », et des mesures en faveur de la scolarisation des filles contribuent à réduire les écarts. Toutefois, l’ampleur des besoins reste considérable dans un pays qui accueille plus de 400 000 réfugiés, majoritairement des enfants, soulignant l’urgence d’un renforcement durable des moyens éducatifs.

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