EMMANUEL MACRON : LE PANAFRICANISTE DU DIMANCHE ?
Lors de son discours au forum Africa Forward à Nairobi, au Kenya, il y a quelques jours, Emmanuel Macron a tenté de se présenter comme un homme proche des aspirations africaines, allant jusqu’à revendiquer une certaine proximité avec le panafricanisme. Fidèle à son art du discours et du jeu diplomatique, le président français a cherché, face à ses interlocuteurs et à une jeunesse africaine attentive, à séduire par des mots soigneusement choisis autour de l’africanité et de l’avenir du continent.

Que Nenni…, le panafricanisme n’est pas un slogan diplomatique qu’on utilise dans un sommet international pour séduire une jeunesse africaine en colère. Le panafricanisme est une idéologie de libération. Une vision politique. Une volonté de puissance africaine ayant vu le jour pour la première fois dans les champs de coton et de cannes à sucre aux Amériques.

C’est quoi le panafricanisme ?

Non ! Le panafricanisme ne consiste pas à dire que “l’Afrique est un continent”. Car l’Afrique n’est pas seulement une géographie. Dans la pensée panafricaniste, l’Afrique est une nation éclatée par la colonisation. Un même peuple séparé artificiellement par des frontières héritées de Berlin. Le véritable panafricanisme, c’est le rêve des États-Unis d’Afrique porté par Kwame Nkrumah. C’est une idéologie politique, culturelle et historique qui défend l’unité, la solidarité et la libération des peuples africains et des personnes d’origine africaine à travers le monde

Paris n’a jamais été panafricaniste et ne le sera jamais, pas pour maintenant !

La France a été au cœur de multiples opérations contre des figures africaines du panafricanisme qui incarnaient une Afrique forte, libre et indépendante. De Kadhafi à Laurent Gbagbo, des nationalistes camerounais à Thomas Sankara, de Modibo Keïta aux nombreuses voix africaines étouffées pour avoir voulu rompre avec la domination néocoloniale, l’histoire est là. Les archives existent. Les peuples savent.

Aujourd’hui encore, lorsque le Mali, le Burkina Faso ou le Niger cherchent à redéfinir leur souveraineté en s’affirmant panafricanistes, Paris répond par la pression, l’hostilité médiatique et les manœuvres géopolitiques.

Une contradiction flagrante !

Comment Emmanuel Macron, Président de la République de France,  héritier politique de la tradition gaulliste et de la Françafrique, pourrait-il sérieusement se réclamer du panafricanisme ?

Le panafricanisme, ce n’est pas aimer l’Afrique tant qu’elle obéit à Paris. Le panafricanisme, c’est aussi vouloir une Afrique libre de toute domination étrangère. Le panafricanisme, c’est refuser que l’avenir africain soit décidé à l’Élysée, à Londres ou à Washington. Le panafricanisme, c’est la souveraineté totale du peuple africain.

Inspecteur de la Documentation Gestionnaire du Patrimoine-Muséologue Historien-Journaliste-Ecrivain

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