Cybersécurité : L’Antic muscle la riposte numérique
Face à la recrudescence des cyberattaques et à la sophistication croissante des menaces, l’Agence nationale des technologies de l’information et de la communication (Antic) renforce ses capacités de défense.

L’institution s’est dotée d’équipements de dernière génération destinés à anticiper, détecter et neutraliser les attaques en temps réel. Ces infrastructures ont été officiellement rétrocédées à l’Antic le mardi 20 janvier 2026 par le ministère des Postes et Télécommunications.

Selon les informations relayées par la radio nationale, les nouveaux serveurs assurent une surveillance permanente des flux numériques. Ils analysent en continu les volumes de données et déclenchent automatiquement des alertes dès qu’une tentative d’intrusion est détectée ou qu’une faille de sécurité est exploitée. L’objectif est clair : stopper les attaques avant qu’elles ne causent des dommages aux systèmes d’information.

Pour Mfuh Windfred Fuaye Kenji, coordonnateur national du Projet d’accélération de la transformation numérique au Cameroun (Patnuc), cette avancée marque un tournant. « Ces équipements permettent d’avoir des alertes en temps réel pour pouvoir dissuader toute attaque contre notre cyberespace », a-t-il déclaré à la CRTV. Les dispositifs fonctionnent 24 heures sur 24, appuyés par des logiciels spécialisés qui automatisent la veille et identifient les tentatives de piratage.

Une surveillance centralisée du cyberespace

Le cœur du dispositif repose sur un centre de supervision doté d’un mur d’écrans, véritable poste de contrôle du cyberespace national. Les équipes y visualisent en temps réel l’état des réseaux, les vulnérabilités et les attaques en cours. Pour le directeur général de l’Antic, Ebot Ebot Enaw, cette modernisation améliore considérablement la capacité de réponse. Elle permet, explique-t-il, d’identifier les failles des systèmes d’information et d’y apporter des correctifs avant qu’elles ne soient exploitées par des cybercriminels.

Les chiffres témoignent de l’ampleur du défi. En 2025, l’Antic a traité 25 935 réquisitions et plaintes émanant des services de sécurité, soit une hausse d’environ 30 % par rapport à 2024. Lors de la présentation du budget 2026 devant l’Assemblée nationale, la ministre des Postes et Télécommunications, Minette Libom Li Likeng, a fait état de 471 cas de scamming et de phishing, de la fermeture de 40 plateformes frauduleuses liées aux faux investissements en cryptomonnaies, pour un préjudice financier estimé à plus de 1,027 milliard de FCFA. À cela s’ajoutent 5 973 vulnérabilités détectées dans 256 systèmes d’information et la suppression de 3 466 faux comptes sur les réseaux sociaux.

Un investissement stratégique

Ces équipements ont été acquis dans le cadre du Patnuc, un projet financé à plus de 55 milliards de FCFA avec l’appui de la Banque mondiale. Pour l’Antic, l’enjeu est désormais de passer d’une logique de réaction à une posture de prévention, en intervenant en amont des attaques. Au-delà du renforcement technique, cette montée en puissance vise à consolider la confiance des internautes et à améliorer la résilience du Cameroun face à des menaces numériques de plus en plus coûteuses.

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