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Le résultat est tombé dans la nuit de samedi, au siège du parti à Odza, à Yaoundé. Tiriane Balbine Nadège Noah a recueilli 96,89 % des suffrages exprimés lors de la convention nationale extraordinaire du MRC. Elle devient la deuxième personne à présider le parti, après son fondateur, Maurice Kamto, démissionnaire depuis le 8 septembre.
Le scrutin n'a pas réservé de surprise. Brice Ronnic Djolako s'était retiré dès le 23 septembre pour la soutenir. Pierre Emmanuel Binyam avait annoncé le 15 octobre le retrait de sa liste, en dénonçant les conditions du vote. Notifié trop tard, ce désistement n'a pas empêché le maintien de son nom sur les bulletins.
Ses premiers mots ont donné le ton. « Je ne serai pas la Présidente de la rupture. Mais de la continuité », a-t-elle écrit sur sa page Facebook officielle, revendiquant sa fidélité à l'œuvre de Maurice Kamto.
Une militante de la première heure
Originaire de la Mefou-et-Akono, dans la région du Centre, Tiriane Balbine Noah est diplômée en science politique de l'université de Yaoundé II et en histoire de l'université de Yaoundé I. Elle a fait carrière dans le secteur privé, entre le bâtiment, le commerce, le marketing et la communication.
Elle rejoint le MRC en 2018, attirée par le projet de Maurice Kamto. Elle en devient deuxième vice-présidente nationale en avril 2018, avant d'être reconduite à ce poste en 2023. Elle connaît déjà la fonction de présidente par intérim. Elle l'avait exercée une première fois en 2019, quand Maurice Kamto, Mamadou Mota et plusieurs cadres avaient été arrêtés après les marches post-électorales. Mamadou Mota a d'ailleurs dirigé sa campagne.
Le camp adverse a vite tendu la main. « Sachons dépasser nos divergences, préserver notre cohésion et conjuguer nos efforts pour bâtir un MRC plus fort », a écrit Pierre Emmanuel Binyam, en félicitant la nouvelle présidente. « La réussite de notre Présidente sera celle de notre parti », a-t-il ajouté.
Cap sur les élections locales et législatives
Les chantiers sont lourds. La nouvelle direction doit stabiliser l'équipe dirigeante, réorganiser les structures locales et préparer les investitures. Le MRC entend participer aux prochaines législatives et municipales, après avoir boycotté les scrutins de 2020.
La succession s'est jouée dans un contexte administratif tendu. Réélu à la tête du parti lors d'une convention tenue par visioconférence le 21 décembre 2025, Maurice Kamto s'était heurté à une lettre du ministre de l'Administration territoriale, Paul Atanga Nji, datée du 19 août 2026, qui refusait d'en prendre acte. Il a démissionné trois semaines plus tard.
Pour les jeunes militants, cette élection ouvre une nouvelle séquence. Une femme prend la tête de l'un des principaux partis d'opposition, à quelques mois de scrutins où des milliers de jeunes voteront pour la première fois au niveau local. La capacité du MRC à les mobiliser, et à leur faire une place sur ses listes, dira si la continuité promise rime aussi avec renouvellement.

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