41ème  Édition de la Journée internationale de la femme : À Yagoua, AJERED et ses partenaires sensibilisent sur les violences basées sur le genre
À Yagoua, la Journée internationale de la femme (JIF) 2026 a pris une dimension particulière. Loin des célébrations symboliques souvent critiquées pour leur manque d’impact durable, l’Association des Jeunes Réunis pour le Développement (AJERED) a impulsé une dynamique d’actions concrètes, étalées sur toute une semaine, du 1er au 7 mars.
Pensé comme un véritable programme d’intervention sociale, le chronogramme déployé par AJERED et ses partenaires ALVF, VIVA Logone et APEF, s’est articulé autour d’un objectif central : lutter efficacement contre les violences basées sur le genre (VBG) à travers une approche multisectorielle et participative. Dès les premiers jours, la participation à la marche sportive a permis de mobiliser un large éventail d’acteurs : institutions publiques, organisations de la société civile, jeunes et citoyens engagés. Au-delà de l’aspect symbolique, cette activité a servi de point de départ à une semaine placée sous le signe de la sensibilisation et de l’engagement collectif. Dans le prolongement de cette mobilisation, une conférence radiophonique diffusée sur une radio locale a offert un espace de débat ouvert. Magistrats, représentants institutionnels, éducateurs et membres de la société civile y ont abordé les mécanismes de prévention des VBG, mais aussi les défis liés à leur prise en charge. Cette initiative a permis d’atteindre un public élargi, bien au-delà des cercles habituels de sensibilisation. L’un des axes majeurs de cette semaine a résidé dans la tenue d’une table ronde réunissant divers partenaires locaux. Les échanges ont mis en lumière la nécessité d’une coordination renforcée entre acteurs institutionnels, judiciaires et communautaires. Il en ressort une prise de conscience partagée : la lutte contre les VBG ne peut être efficace sans une synergie d’actions et une implication réelle des communautés. Sur le terrain, AJERED a particulièrement mis l’accent sur la jeunesse. Des campagnes de sensibilisation ont été conduites dans plusieurs lycées et collèges de Yagoua. Face aux élèves, les équipes ont abordé des thématiques sensibles telles que la discrimination, la stigmatisation et les différentes formes de violences. Ces interventions ont permis d’initier un dialogue direct avec les jeunes, souvent en première ligne face à ces réalités. En parallèle, trois causeries éducatives ont été organisées au sein des communautés, réunissant organisations féminines et leaders locaux. Ces rencontres ont favorisé une réflexion collective sur les normes socioculturelles qui entretiennent les inégalités de genre. En s’attaquant aux racines du problème, AJERED a inscrit son action dans une perspective de transformation durable des mentalités. L’innovation la plus marquante de cette édition reste toutefois l’intégration d’un volet juridique. En collaboration avec le parquet de Yagoua, des consultations ont été organisées au profit des victimes de violences. Accompagnées de séances de counseling, ces initiatives ont offert un espace d’écoute, mais surtout des pistes concrètes de recours. Pour plusieurs bénéficiaires, il s’agissait d’un premier pas vers la justice. À travers cette semaine d’activités, AJERED et ses partenaires ALVF, VIVA Logone et APEF, démontrent qu’une autre manière de célébrer la Journée internationale de la femme est possible : une célébration utile, ancrée dans les réalités locales, et orientée vers des résultats tangibles. Dans un contexte où les violences basées sur le genre restent un défi majeur, cette initiative apparaît comme un modèle d’engagement citoyen, capable d’inspirer d’autres acteurs à travers le pays.

Votre réaction à propos de cet article

Ajouter un commentaire

https://voixdesjeunes.com/assets/images/user-avatar-s.jpg
Écrivez le premier commentaire pour cela!